top of page
Cultiver et prendre soin de ses récoltes en Afrique de l’Ouest : Guide pratique.
Introduction : Une agriculture résiliente et durable
L’agriculture en Afrique de l’Ouest est confrontée à des défis majeurs : dégradation des sols, irrégularité des pluies, pression sur les terres et faible mécanisation.

Pourtant, des solutions existent, ancrées dans les savoir-faire locaux et les innovations récentes. Ce guide s’appuie sur les bonnes pratiques identifiées par la FAO, le ROPPA et des programmes régionaux, avec des exemples concrets du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Sénégal.
1. La préparation du champ : les bases pour un bon départ

Choisir et préparer le sol
La fertilité des sols est un enjeu central. En Afrique de l’Ouest, les sols sont souvent fragiles et surexploités, ce qui entraîne une baisse des rendements. Pour y remédier :

1.1 Pratiquer la rotation des cultures :

Alterner le maïs avec des légumineuses (niébé, arachide) ou des tubercules (igname, manioc) permet de restaurer la fertilité du sol et de limiter l’apparition de parasites.

Associer les cultures :

Les cultures intercalaires (maïs-niébé, maïs- manioc, mil-maïs) sont courantes et permettent d’optimiser l’espace, de diversifier la production et de limiter les risques.

Toutefois, les densités de semis ne sont pas toujours optimales : il est conseillé de se renseigner sur les bonnes densités pour chaque association.

Intégrer les légumineuses :

Des fiches techniques du Cirad recommandent d’introduire davantage de légumineuses dans les systèmes de culture, que ce soit en association ou en rotation, pour améliorer la fertilité des sols et l’alimentation humaine et animale.
1.2 Gérer l’eau et le climat.
Le changement climatique rend les pluies plus aléatoires. Pour s’adapter :

Opter pour des variétés précoces :

Elles permettent de libérer la parcelle plus tôt dans la saison, par exemple pour planter du coton ou du niébé en deuxième saison.

Pratiquer le semis échelonné :

Semer la même variété sur un même champ à des dates différentes permet de minimiser les risques de perte totale en cas de sécheresse ou d’inondation.

Diversifier les variétés :

Combiner plusieurs variétés sur un même champ est une stratégie traditionnelle pour réduire les risques climatiques.
2. L’entretien des cultures : un suivi régulier

Lutte contre les parasites, maladies et mauvaises herbes.

Les cultures sont vulnérables à de nombreuses menaces : foreurs de tiges, striga (mauvaise herbe parasite), rouille, etc. Pour y faire face :

Surveiller régulièrement son champ pour détecter rapidement les attaques.

Privilégier les méthodes de lutte intégrée :

Association de cultures, rotation, utilisation de variétés résistantes, etc.

Désherber mécaniquement :

Le sarclage reste une pratique essentielle, mais il est souvent réalisé avec un faible niveau d’équipement . Le recours à la culture attelée peut être une solution pour gagner en efficacité.
2.1 Maintenir la biodiversité

Une agriculture durable repose sur la biodiversité. La FAO et le ROPPA encouragent les bonnes pratiques pour une gestion durable de la biodiversité dans l’agriculture : haies vives, maintien d’arbres dans les champs, utilisation de compost, etc.
2.3 Le conseil agricole : un levier de réussite.

Des méthodes de conseil agricole existent et sont accessibles aux producteurs : champs-écoles paysans, plateformes d’innovation, conseil de groupe, radios rurales, etc. Ces approches, documentées dans 18 fiches méthodologiques, visent à diffuser les bonnes pratiques et à renforcer la résilience des agriculteurs.
3. La récolte et le post-récolte : réduire les pertes

Récolter au bon moment.

Le moment de la récolte est crucial. Il dépend de la culture et de son utilisation. Pour le maïs, par exemple, on peut récolter des épis frais pour la consommation immédiate ou attendre la maturité complète pour le stockage. La présence de variétés précoces permet aussi d’avoir du maïs plus tôt, pour raccourcir la période de soudure.
Stockage et conservation

Le stockage est une étape clé pour garantir la sécurité alimentaire. Les pertes après récolte, dues aux insectes et aux rongeurs, peuvent être importantes.

Pour les limiter :

Bien sécher les récoltes avant le stockage pour éviter les moisissures.

Utiliser des greniers et des conteneurs adaptés :

Les techniques traditionnelles (greniers surélevés, silos en terre) ou modernes (sacs hermétiques) peuvent être efficaces.

Surveiller régulièrement les stocks pour détecter les infestations et agir rapidement.
Conclusion : Un avenir plus sain et plus résilient

Cultiver un champ en Afrique de l’Ouest est un défi complexe, mais les solutions existent. Elles puisent à la fois dans la sagesse des pratiques traditionnelles (rotations, associations, semis échelonnés) et dans les apports de la recherche et du conseil agricole modernes.

En prenant soin de leurs sols, en diversifiant leurs cultures et en adoptant des méthodes de stockage efficaces, les agriculteurs peuvent améliorer leurs rendements, renforcer leur résilience face au changement climatique et assurer la sécurité alimentaire de leurs communautés.

La biodiversité est au cœur de cette transition, et les organisations de producteurs, accompagnées par des institutions comme la FAO et le ROPPA, jouent un rôle moteur dans cette dynamique.
bottom of page